Les trucs et astuces pour un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle.

Lorsque nous avons commencé à penser à entreprendre cette aventure, notre premier réflexe a été de défricher le Web pour trouver des pages intéressantes sur ce pèlerinage ainsi que des trucs et astuces pouvant nous faciliter la vie. Voici ici quelques conseils qui nous ont paru, après utilisation, parmi les plus importants.

La préparation avant le départ- Le sac à dos - Les nuits - Les repas - Les pauses - Trucs en vrac...

 

La préparation avant le départ

Une fois déterminées à partir, nous nous sommes penchées sur la préparation nécessaire avant le départ. Autant vous le dire tout de suite, nous sommes parties pratiquement sans aucune préparation physique. Peu sportives, nous nous sommes cantonnées à effectuer quelques randonnées de 25 km pour voir si on était tout de même capables de marcher sur cette distance. Mais cela ne veut pas dire grands chose, ce n'est pas parce que vous savez marcher pendant une journée que vous serez capables de le faire tous les jours pendant plusieurs semaines. Cela peut tout juste vous donner un peu de confiance en vous mais je n'estime pas cela réellement important.

Un bon point peut être de préparer vos pieds avant le départ. Hé oui, vous apprendrez vite que la principale préoccupation des pèlerins est la santé de ses pieds. Douloureux, fatigués, cloqués, échauffés, les pieds sont la partie du corps qui souffre le plus lors des randonnées. Une préparation utile peut être de masser vos pieds régulièrement les semaines précédant le départ avec un assouplissant (type alcaleïne ou même de la simple vaseline).

Cependant, je dirais que le plus important est la préparation mentale. Lorsque votre entourage apprendra votre projet, attendez vous à de nombreuses critiques. Si vous n'êtes que peu sportif, les gens ne se gêneront pas pour vous dire que vous n'y arriverez pas ! Ne vous laissez pas décourager : nous sommes la preuve vivante que l'on peut y arriver tout de même, en sachant écouter son corps et en y allant à son propre rythme. On n'est pas dans une course, on vit simplement une aventure qui nous mène à un but précis, tranquillement et en profitant du paysage et des rencontres qui se produisent.

 

Le sac à dos

Le sac lui-même : n'hésitez pas à investir ou à vous faire préter un bon sac à dos. Il doit être confortable et bien adapté à votre morphologie. Des professionnels vous conseilleront mieux que nous.

Le poids : il faut restreindre au maximum le poids du sac. Je suis partie avec un sac faisant environ 10 kg (je mesure 1m60 pour environ 65 kg à l'époque des faits). C'était encore trop. J'ai réussi à me débarrasser encore de deux kilos superflus au bout de quelques jours, ce qui m'a permis d'atteindre le poids maximal idéal pour ma condition physique.

Le contenu: on a beau se restreindre, il y a tout de même un minimum vital à respecter, tant pour sa santé (telle que la trousse d'urgence) que pour le relationnel (déodorant et brosse à dents ! Rien de pire qu'un pèlerin qui ne se lave pas, sachant que l'on partage les mêmes matelas !). Si vous partez à plusieurs, pensez à partager certains accessoires, tels que les trousses à pharmacies, les shampoings ou brosse à cheveux... Voici à peu prés le contenu de mon sac à dos.

  • Trousse à pharmacie d'urgence (à mettre à portée de la main pour ne pas avoir à vider le sac pour atteindre l'éosine en cas de chute...) contenant de l'éosine, des pansements, une bande, un spray désinfectant, quelques épingles à nourrice...
  • Trousse à pharmacie de confort : une pommade pour les pieds, des anti-inflammatoires, des anti-fièvres et anti-douleurs, des anti-diarrhéiques (nous avons eu une épidémie de gastro-entérite sur le chemin qui en a laissé plus d'un sur le carreau. Nous avions heureusement prévu cet incident et nous étions munies de la riposte médicamenteuse nécessaire pour n'être qu'un peu vaseuses mais pas malades), tout médicament pouvant vous aider si vous êtes particulièrement fragile à une maladie spécifique.
  • Trousse de toilette : hé oui, un pèlerin se doit d'être propre, au moins pour la nuit, en respect des autres pèlerins qui dorment à côté de lui. Brosse à dents, dentifrice, déodorant, shampoing (peut servir pour la douche), peigne ou brosse... Je porte des lentilles, j'avais donc prévu des lentilles journalières jetables pour ne pas avoir à transporter les produits nettoyants (l'avantage est que le sac s'allège chaque jour ! Pas de beaucoup mais tout de même...).
  • 2 Tee-shirts / débardeurs : pour pouvoir faire un roulement.
  • 2 pantalons : un jogging et un pantalon transformable en short.
  • 1 short cycliste : pratique car très léger et très vite sec.
  • 1 polaire.
  • 1 poncho : plus pratique à enfiler que les K-Way et couvrant aussi le sac à dos.
  • 2 paires de chaussettes : les chaussettes doubles sont sympas car elles provoquent moins d'ampoules.
  • 35 slips ! Pour éviter de devoir laver nos dessous et permettre de respecter une meilleure hygiène, nous sommes parties avec le nombre de dessous qui nous serait nécessaire pour le mois. Il nous suffisait de jeter celui de la veille chaque jour, cela allégeait le sac et nous étions sûres d'avoir des dessous propres.
  • chapeau de soleil : un bob fait bien l'affaire car il peut se plier pour être mis dans le sac.
  • chaussures de douche : très utiles pour garder ses petits pieds hors de toute contagion possible dans certaines douches peu ragoûtantes (assez rares). Elles me servaient surtout de chaussures de rechange pour ne pas avoir les pieds toujours enfermés dans les chaussures de randonnée (j'avais d'abord emmené des sandalettes mais ne pouvait pas les mettre à cause des ampoules). N'ayez pas peur du ridicule, la majorité des pèlerins se baladent dans la rue en chaussures de douche ! C'est ce qu'il y a vraiment de plus confortable après une randonnée de plusieurs dizaines de kilomètres.
  • serviette de toilette : celles vendues dans les magasins de sports sont très bien car elles sèchent très rapidement (pas besoin de se balader avec une serviette mouillée, vous l'essorez au maximum et elle est sèche en très peu de temps).
  • 1 robe : c'était ma tenue de repos, entre la douche d'après randonnée et le coucher.
  • 1 pyjama : utile car on dort en dortoirs mixtes, mieux vaut éviter les tenues affriolantes !
  • 1 tapis mousse : utilité contestée car il n'est nécessaire que si l'on ne trouve plus de place libre dans les auberges ou que l'on souhaite dormir à la belle étoile. Nous n'en n'avons pas eu besoin du tout sur le trajet vers Compostelle, car, malgré notre lenteur, nous étions les premières debout et avions finalement toujours une place pour dormir. Cependant, nous nous en sommes servies entre Compostelle et le Finistère lors d'une nuit passée dans un refuge sans lits. A vous de voir si le poids et l'encombrement que représente cet accessoire sont contrebalancés par son utilité.
  • 1 savon de Marseille (ou un produit pour lessive à la main) : les auberges ont rarement de machines à laver, mais elles ont toujours un lavoir ou des lavabos destinés à la lessive. L'eau est malheureusement rarement chaude mais un peu d'huile de coude permet de nettoyer ses affaires pour le lendemain.

Ce qui ne se met pas dans le sac à dos :

  • les chaussures de randonnées : Faites vous conseiller par un professionnel pour avoir de bonnes chaussures adaptées à une grande randonnée telle que celle-ci. Certains pèlerins préfèrent marcher en sandales ou en baskets (comme Corinne) mais ont des difficultés lors des pluies. Moi, j'ai gardé mes chaussures de randonnées tous les jours. J'avais des ampoules, c'était lourd, mais on finit par s'y habituer.
  • la banane : utile pour avoir tous ses papiers sur soi sans avoir à enlever le sac à dos. On y met la crédencial, le passeport, de l'argent liquide, la carte bleue, la boussole, le téléphone portable (débranché mais à portée de main en cas d'urgence). Je m'étais aussi débrouillée pour y mettre une petite bouteille d'eau qui était donc facilement accessible et ne pesait pas dans le sac à dos. C'est aussi sur la ceinture de ma banane que j'attachais l'étui de mon appareil photo.
  • le bourdon : tout pèlerin se doit d'avoir son bâton. Utile pour assurer son équilibre, il est également un moyen de rythmer la marche. Il est aussi conseillé en cas de chiens errants (beaucoup de chiens sont en liberté en Espagne et nous avons plusieurs fois rencontré des meutes ou des chiens isolés très hargneux, le bourdon nous rassurait et nous aurait été utile en cas d'attaque).

Les denrées périssables :

  • à boire : toujours avoir environ un litre d'eau sur soi lorsque l'on part. Il y a des fontaines mais il peut aussi faire très chaud entre les différentes fontaines. J'avais en général une petite bouteille dans ma banane et une autre dans mon sac.
  • à grignoter : toujours avoir également quelques friandises pour l'apport de sucres ; nous c'était une plaquette de chocolat et des fruits secs.
  • à manger : prévoir les repas. Il faut savoir que les magasins sont fermés du samedi midi au dimanche dans la plupart des villes. Il faut donc prévoir, le samedi matin, des provisions pour tenir jusqu'au lundi matin ! Le sac à dos s'alourdit d'autant mais vous n'aurez pas faim.

 

Les nuits

Dans la partie espagnole, il existe des auberges et des refuges de pèlerins. Les auberges proposent des dortoirs avec cuisines et salles de bain (les douches ne sont pas systématiquement chaudes). On vous demandera un paiement pour toute nuit passée sur place. A la fin du voyage, les paiements ne sont plus imposés, vous pouvez dormir là-bas gratuitement. Vous ne pourrez par contre passer qu'une seule nuit dans chaque auberge. On vous tamponne votre credential à l'arrivée et l'on vous refuse une autre nuit, sauf si un avis médical appuie votre demande. Les refuges sont des équipements municipaux affectés à l'accueil des pèlerins de manière temporaire (écoles, gymnases, séminaires...). Ils ne possèdent pas toujours de cuisine ou de douches.

Il y a également beaucoup d'hôtels sur le chemin. Si vous avez envie de rester un peu plus longtemps à un endroit précis ou si vous voulez tout simplement profiter d'un peu d'intimité et d'une douche bien chaude, les hôtels seront ravis de vous accueillir mais il vous faudra débourser le prix de plusieurs nuits en auberges.

 

Les repas

Petit déjeuner : Toutes les auberges ne possèdent pas de cuisine. Lorsqu'elles en ont, elles sont parfois tellement surpeuplées que des pèlerins dorment dans celle-ci. Pour eviter de devoir enjamber les gens le matin, nous nous passions carrément de petit déjeuner chaud et nous contentions de ce que nous avions acheté la veille en prévision du petit déjeuner: une briquette de lait, un jus de fruit, un fruit (souvent, très souvent, une banane... J'ai mis du temps à pouvoir remanger de la banane avec plaisir ensuite), du chocolat et du pain.

Collation : Parties à 6h du matin environ, nous devions attendre deux heures avant de trouver un café ouvert. Là, on se faisait une pause Chaud. Corinne prenait un café, moi un chocolat. Je recommande les chocolats espagnols, très épais, ils sont vraiment délicieux. Cependant, les cafés servent rarement ce bon chocolat et vous vous trouvez souvent avec un bol de lait et de la poudre de chocolat. Ce qui fait cependant beaucoup de bien pour pouvoir repartir d'un bon pied après la pause.

Midi : Selon votre vitesse et la distance à parcourir, vous pouvez attendre d'être arrivés à l'auberge pour vous restaurer ou déjeuner en route. Les bars croisés sur le chemin servent pratiquement tous des sandwichs. Nous nous contentions généralement de faire une petite pause casse-croûte avant de reprendre la route.

Soir: La majorité des villes hébergeant les pèlerins ont un restaurant qui propose un menu spécial pèlerin (soupe, viande et féculent, dessert, vin) pour pas très cher. Si vous n'avez pas les moyens ou l'envie d'aller au restaurant, vous pouvez vous faire à manger à l'auberge (si elle a une cuisine).

 

Les pauses

Il est très important de faire des pauses sur le trajet. Certains pèlerins, généralement très sportifs, foncent sans faire de pause pour arriver plus vite à l'auberge. C'est une erreur, ces pèlerins nous dépassaient les premiers jours mais nous les laissions derrière nous avec des tendinites quelques jours plus tard. Nous faisions en général de deux à cinq pauses par trajet (selon la distance effectuée, c'est à dire de 15 à 40 kilomètres). A chaque pause, nous nous restaurions, nous nous réhydrations et nous prenions soin de nos pieds (massage pour regraisser la peau, pose de pansements, changement de chaussettes parfois...). Les pauses duraient en général 1/2 heure.

La première pause était réservée à la collation du matin dans un bar sur le chemin (généralement le premier ouvert) vers 8h. La deuxième vers 10h-10h30 selon notre fatigue. La troisième pause était pour déjeuner sauf si nous allions directement à l'auberge. Lorsque nous faisions de grosses journées (35 à 40 km), nous prenions une grande pause pour déjeuner (au minimum 1h, voire 2h avec une petite sieste) afin de recharger nos batteries pour assurer l'après-midi.

 

 

Trucs en vrac...

L'itinéraire : J'ai photocopié un guide décrivant toutes les étapes. Je me suis ensuite débrouillée pour n'avoir qu'une feuille A4 pour chacune d'entre elles. Chaque matin, je prenais la feuille qui m'intéressait pour la journée et la mettais dans ma banane pour l'avoir à portée de main et pouvoir m'y référer rapidement. Cela me permettait de laisser les feuilles restantes dans le sac sans qu'elles me gênent et de jeter les feuilles déjà utilisées dès l'arrivée à l'auberge. Croyez-moi, un livre, c'est très lourd ! Cette technique s'est révélée vraiment très efficace et je vous la conseille vivement.

La lessive : Nous faisions notre lessive le plus tôt possible après notre arrivée. Cela permettait aux affaires de sécher avant le lendemain matin (un habit mouillé est un habit lourd !). Comme nous avons eu quelques jours de mauvais temps, il y a eu plusieurs jours où notre lessive n'était pas sèche lors de notre départ. Pour éviter de devoir mettre des affaires mouillées dans le sac, nous les attachions sur le sac avec des épingles à nourrice. Cela leur permettait de sécher pendant l'étape (et donc de s'alléger) et empêchait la venue de mauvaises odeurs.

Les bobos : Il faut savoir que vous souffrirez pendant toute la durée de la randonnée, que vous marchiez une semaine, un mois ou deux mois. Ampoules, mal au dos, mal aux pieds, trop chaud, mal aux reins, coup de soleil, mal aux pieds... De toute façon, lorsqu'un mal disparaît, un autre prend tout de suite sa place... Il faut donc apprendre à écouter son corps et à réagir rapidement. Nous avions toujours sur nous du paracetamol, de l'aspirine et des anti-inflammatoires pour les maux de muscles. Dés que la douleur commençait à être trop forte, nous n'attendions pas d'être arrivées à l'étape pour nous soigner, nous nous arrêtions dès que possible et prenions un anti-douleur. Cela nous permettait de pouvoir terminer la route sans être sur les genoux. De la même manière, dés qu'une ampoule se déclarait, nous nous arrêtions pour la soigner du mieux possible (éosine, pansements double-peau, ou encore avec les pansements Compeed que nous avons découverts lors de notre voyage et que nous avons tout de suite adoptés).

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